samedi 7 juin 2014

Jena vs auteure - un échange relativement calme.

L'auteure se penche sur ses feuilles lignées. Elle se concentre sur la musique qui joue dans son salon et trace les mots qui lui viennent à l'esprit. Elle a encore les yeux rougis par les larmes, mais le dessert qu'elle a grignoté avant d'éteindre son téléviseur a réussi à la calmer. Elle lève la tête en entendant sa chaise d'ordinateur craquer. Le siège pivote et Jena lui fait face à la manière du vilain de n'importe quel film de super-espion. L'auteure avala de travers, mais soutint le regard froid de son personnage.

- Bon, qu'est-ce qui se passe? Tu vas me faire des menaces, toi aussi, parce que je te fais souffrir? s'enquit l'écrivaine en tâchant de cacher sa frousse.
- Non, non. J'ai juste envie que tu te grouilles à arrêter de me faire passer pour une pauvre victime. Quand vais-je pouvoir tuer des gens, hein? À moins que tu veuilles tuer tous ceux qui me sont chers avant de me transformer en monstre. Ça serait ton genre, il me semble. Tu devrais arrêter de regarder Game of thrones pour notre bien à toutes les deux. J'ai pas envie de mourir comme aucun de ces personnages.
- Tu ne peux pas mourir, t'es le personnage principal.

Les deux femmes se toisèrent quelques secondes avant d'éclater de rire à l'unisson. Le silence s'installa de nouveau dans le salon lorsque Jena se leva, à l'exception de Going to hell qui se faisait entendre en bruit de fond. Le personnage s'approcha de son créateur, saisit son menton entre son pouce et son indexe et la regarda droit dans les yeux.

- Fais-moi souffrir autant que tu veux, humaine. Tant que tu me garantis que je vais pouvoir rendre ma douleur au centuple à ceux qui me feront chier.
- Aucune inquiétude, murmura l'auteure. D'ici la fin de cette série, même Seren ferait dans ses culottes en te voyant.
- J'espère que tu as prévu des ennemis à ma taille, dans ce cas.
- T'en fais pas, Jena. J'y travaille.

L'auteure baissa les yeux sur sa feuille. Le chiffre «93» était inscrit dans le haut de sa page. Elle avait espoir de pouvoir terminer la seconde partie de son roman d'ici la fin du mois. Elle faisait de gros efforts pour ne pas se frustrer du délai qu'elle prenait pour compléter le tout, en comparant avec l'écriture de Colère. Elle ne voulait même pas songer à tout le travail de réécriture qui l'attendait et aux six parties restantes après celle-ci. Elle se cala dans son divan et prit une profonde respiration.

- Oh. Tu ferais mieux de te dépêcher avec ce foutu chapitre, l'avertit Jena. Nathaniel est trop gentil. Ça fait peur.

Cette remarque arracha un sourire à l'auteure. Elle acquiesça et retourna au travail.

(Ça s'en vient, ça s'en vient. Il me reste 2-3 événements majeures avant de compléter cette seconde partie... après faut que je vois comment je fais le saut temporel d'un peu plus de 40 ans entre la deuxième et la troisième partie... Gawd...)

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